L’histoire de Lanuéjols

Chaque village a son origine, son histoire, son vécu, ses évènements, ses anecdotes, ses souvenirs racontés par les habitants. Aussi, pour cette présentation, nous avons voulu les mettre en valeur, les raconter, vous les faire partager.
Lanuéjols sur le Causse Noir : Commune du Gard limitrophe de l'Aveyron et de la Lozère, niché dans un vallon abrité, à 900 mètres d'altitude, Lanuéjols bénéficie d'une position privilégiée sur le Causse Noir, entourée de rivières et de gorges : la Jonte, le Tarn, le Trévezel et la Dourbie.
Pourquoi Causse Noir ?

Le Causse “noir” n’est pas dénommé à cause des pins “noirs”, mais parce qu’il était couvert de forêts très denses que l’on a défriché (par “brûlements ?), depuis des temps immémoriaux, afin de les mettre en culture. Au XIXe siècle, il y avait de très grands domaines : Labro et la Foulquarié, La Pénarié, Lisside (devenu Licide), Pradines, Le mas Lautier (devenu La Tour), Servillères et “le Marjuac” (devenu le “Marjoab” après les épisodes “protestants” de la baronnie de Meyrueis) !

    

Etymologie : Lanuéjols est formé de « LANN » (humide) et du mot « JOLS »issu de OIALUM, OIALA, désignant la clairière.  Les mots celtes se retrouvent dans les noms de montagnes, vallées, de rivières, de forêts etc.…..»  La clairière plate et humide » telle est l’origine du nom de LANUEJOLS.

La topographie du village actuel ne corrobore pas cette hypothèse puisqu’il se situe dans la vallée de l’Engarenne, mais on sait que la région était couverte de grandes forêts à l’époque celto gauloise  (les dolmens et les menhirs du Causse attestent l’ancienneté d’une présence forestière par les rites pratiqués), le plateau qui domine le village correspond aux principes coutumiers des druides lorsqu’ils devaient déterminer le choix d’un lieu de sédentarisation des tribus gauloises. Malheureusement, aucune découverte fortuite n’a été signalée lorsque les constructions ont fleuri sur ce plateau et aucune pierre n’est venue donner corps au moulin de cette théorie !

La carte de Cassini, commandée par Louis XIV (fin XVIIe siècle), signale le village dans une butte de terrain qui pourrait être celle des “Jasses” !
Prise entre le chemin qui monte, par la droite, vers “les Mazes” et “Gras”  (on trouve un dolmen à Gras) et le chemin qui monte, par la gauche, vers la croix de “Bousseirolle’ et “La Tour”    en passant par le “Causse” ! L’ensemble construit (Paillés, étables, bergeries, etc.) ressemble bien à des “remparts” ou des restes de fortifications. On voit sur cette carte de Cassini, le symbole de l’église situé à l’est du village et un plus au Sud-est le symbole du château ! Montjardin n’est pas indiqué, ce qui laisse supposer que la “création” du hameau est ultérieure à celle de la carte.
Une certaine “rivalité” animait les 2 “communautés”. Les uns était dits : “Les ventres noirs” ; les autres “les pattes bleues”

Le nom de la localité est attesté sous les formes Lanejol en 1150, Lanuejols en 1229.

On nomme « Lanuéjolais »  un habitant de ce village.

Un peu d’histoire : La présence humaine dans notre région est fort ancienne. Les menhirs et dolmens qu’on y trouve en témoignent. Cependant, il n’est pas possible d’avancer une date précise concernant le peuplement du Causse Noir et la fondation de Lanuéjols
Aux 5èmes et 6 ème siècles, le Causse Noir était rattaché à l’évêché d’ARISTUM dont on s’accorde à situer le siège près de LE VIGAN. Autre certitude : la ligne de démarcation entre la tribu des Volsques- Arécomiques et celle des Ruthènes qui coupait le Causse Noir en 2 parties, passait par le « Valat » de Garène qui traverse les communes de Lanuéjols et Revens. Peut-on y voir une origine historique de la partition de l’entité géographique et sociologique que constitue le Causse Noir entre le département du Gard et de l’Aveyron ?

Il est vraisemblable qu’ARISTUM était devenu le siège d’un évêché grâce à TORENCEFERREOL, ancien préfet des GAULLES à qui Sidoine APPOLINAIRE crie sa haine des Ruthènes :

˝  Tu iras à Trêves et à cette montagne, hélas voisine des perfides Ruthènes…. ″

Au début du 8ème siècle, les Causses et Cévennes subirent quelques raids des arabes venus de SEPTIMANIE (le Languedoc). Ceux-ci à leur tour, furent chassés par les Francs qui s’établirent dans le pays. Un représentant du roi s’installe à MEYRUEIS qui devint le siège d’une Viguerie.

La mention du nom de LANUEJOLS apparaît pour la première fois à notre connaissance dans le Cartulaire de Notre Dame du Bonheur sous les dénominations de LAMEJOL et LAMOJOL. L’hospice de BONUM AUGURIUM (Notre dame du Bonheur) fut fondé en 1002 par la famille des ROQUEFEUIL, famille d’origine Visigoth et qui possédait entre autres la Seigneurie du Pays de Nant.

On retrouve l’appellation LANUEJOLS  également en 1229.

En 1384 le dénombrement de Sénéchaussée recensait ce lieu sous le titre «  SANCTUS SALVATOR DE LANUOJOLIS ».

Lanuéjols appartenait, avant 1790, à la viguerie du Vigan-et-Meyrueis et au diocèse de Nimes, archiprêtré de Meyrueis. On y comptait 6 feux en 1384. On a trouvé sur le territ. de cette commune des tombeaux antiques. Elle possède des bois considérables.

La place des religions à Lanuéjols : Protestants et catholiques se sont rencontrés à de nombreuses occasions dans le village, la religion a toujours eu une place importante pour les habitants
Vers 1560, une grande partie de la population cévenole adhère à la religion réformée. En 1611, on recense à Lanuéjols une vingtaine de feux qui ne sont pas catholiques. En 1663, sur Ordre du Roi Louis XIV le temple de Lanuéjols est rasé. Il en est de même pour celui de Camprieu la révocation de l’Edit de Nantes se traduit par de nombreuses « conversions » qui sont portées sur les registres spéciaux tenus par le clergé. Avec la «  révolte des camisards » l’église du village est détruite. L’armée du roi poursuit ses dragonnades pour rétablir ou maintenir la paix publique. On en conserve encore aujourd’hui le souvenir : les croix que l’on remarque parfois au-dessus  des portes d’entrée de chaque maison ont pour origine cette période troublée. Elles avaient pour objet de signaler aux soldats royaux la présence de vieilles familles catholiques et ainsi éviter la répression.

Avant la révolution, Lanuéjols était une paroisse du diocèse d’ALAIS et de l’archiprêtré de Meyrueis. Le découpage du territoire national en départements entraîna le rattachement de Meyrueis, non plus à Nîmes mais à Mende. La commune de Lanuéjols resta dépendante du Gard et l’église de Lanuéjols fut une cure dont Saint Sauveur Camprieu était succursale.

A partir de termes transcrits sur le registre de l’époque, la construction de l’église a connue bien des péripéties et bien des tracas et soucis aux responsables.

Ainsi entre 1836 et 1857, la nouvelle église a subi de multiples évènements dans sa construction : interruptions de travaux, modification de plans, déplacement du clocher, désaccord entre le maire et les architectes, erreurs des entrepreneurs à qui on doit des écroulements de voute et de murs….et le 1er Février 1854, le conseil municipal accorde une subvention de 120frs  au conseil de fabrique pour l’achat d’une croix à établir sur la place publique. Nous pouvons toujours découvrir cette même croix sur la façade de l’église.

La paroisse de Saint Laurent a connu un Suisse, un employé d’église chargé d’ouvrir les processions et de faire régner l’ordre dans les assemblées.  Il était vêtu d’un costume très particulier, avec bicorne et armement ! Il pouvait être simple, grande tenue, ou enterrements… Louis BAUMEL né à la Mouline en 1870 assura cette activité pendant 37 ans ; menant en parallèle une carrière en tant qu’agent forestier et agriculteur sur des terres de la commune. Quelques souvenirs de certains nous apprennent qu’il marchait dans l’église d’un pas sûr et fier et sa longue et fine moustache accentuait un air sévère de circonstance. La hallebarde qu’il tenait dans ses mains lui permettait de rappeler sa présence par des coups réguliers sur les dalles de l’église.

      

L’histoire des Ormeaux, les arbres séculaires sur la place : Les ormeaux ont été les témoins de plusieurs générations, leur histoire montre leur importance pour la vie des lanuéjolais
Réputés plantés par Sully, mais on voit mal ce dernier, ministre d’état, intendant des finances de la France, venir à Meyrueis et à Lanuéjols, pour planter ces arbres, au cours d’une visite protocolaire dans une baronnie appartenant, il est vrai, à son roi !

Mais il est possible que cette affirmation soit fondée (si Sully, dont la légende parle, n’était pas encore devenu le Sully historique). Car, si Henri de Navarre était venu à Paris avec sa mère Jeanne d’Albret pour préparer son mariage avec Margueritte de Valois (sœur de Charles IX). Mais Jeanne d’Albert meurt le 9 juin 1572 et par cette mort, Henri devient Roi de Navarre sous le nom d’Henri III. Les noces auront, néanmoins, lieu le 18 août, quelques jours avant que Catherine de Médicis n’arrive à convaincre son fils, Charles IX de donner l’ordre d’exécution des massacres de la saint Barthélémy pour le 24 août 1572.

Pour sauver sa vie, Henri, roi de Navarre est contraint d’abjurer sa foi et de facto, il sera retenu prisonnier au Louvre jusqu’à ce qu’il parvienne à fuir sa prison dorée, en février 1576. Dans le camp « Protestant », c’est l’inquiétude et l’absolue nécessité de préparer l’évasion du Roi, dans un environnement hostile, avec une diversion armée.

Dès lors, homme de confiance, compagnon d’armes et ami d’Henri de Navarre, Maximilien de Béthune, baron de Rosny (futur Duc de Sully) fait une tournée d’inspection dans les domaines de son Roi pour en évaluer ressources et capacités militaires disponibles pour former une puissante armée. Maximilien de Béthune est sans doute celui qui a planté les Ormeaux de Meyrueis, puis de Lanuéjols et qui a couché au château d’Espinassous dont le seigneur (protestant) pouvait lui fournir tous les renseignements qu’il cherchait.

 

En 1942, l’arbre, quadri-centenaire, paraissait encore gigantesque et présentait des branches noueuses et chenues à souhait, des feuillages un peu clairsemés qui offraient une ombre à peine moins dense. Le tronc tourmenté, presque torturé par les énormes creux causés par les ans rendaient dérisoire le parapet circulaire censé en protéger les abords. Construit en pierres appareillées, il servait de siège aux enfants et aux adultes qui venaient attendre la Montagnarde ou aux jeunes du village qui, marquant la pause, venaient goûter la fraîcheur des soirées estivales.

A l’époque, l’hon (l’orme) était encore un vrai Seigneur ! Il trônait dignement entre l’ancien lavoir et le café Jonquet (on disait alors « chez Tau, chez Marie Valat ou chez Nénette ») et l’on sentait sa formidable puissance peser sur notre dos quand nous quittions son ombrage pour regagner nos quartiers respectifs : le Mandaroux, les Jasses, le Chemin Neuf, le Barry, le Serre, le Prat Comtal ou bien Montjardin, les autres hameaux ou fermes environnantes.

 

Cet arbre du Causse était respecté, vénéré. Aussi pour la veillée de Noël, la coutume était de garnir le foyer de la cheminée d’un tronc d’ormeau « le souc de  Nadal….. » également utilisé en charronnerie.

Atteints par un vers, les uns après les autres, ils ont dû être abattus; le dernier à disparaître fut celui de l’école en 1989 et ce avec beaucoup de regret, il a été remplacé par un érable sycomore.

 

Mais ces arbres robustes, nourriciers, qui étaient présents sur tout le Causse perdurent dans la mémoire des hommes et maintiennent leur noble présence  dans le nom de la résidence foyer pour personnes âgées sur la place « Résidence, Foyer, les Ormeaux ».

 

La structure socioprofessionnelle dans le Causse : Si l’activité agricole a toujours été présente, différentes activités étaient nécessaires pour lui permettre d’exister
Lors d’un dénombrement, 683 personnes soit 8% de la population active exercent comme activité principale une activité agricole. Outre la culture et l’élevage sous les formes que l’on connait encore aujourd’hui, de nombreux pommiers sont greffés à Dourbies (poumet de Durbio). Les châtaigneraies sont soigneusement entretenues car leur fruit est une des bases de la nourriture hivernale (soupe de châtaigne). Dans la vallée du Trévézel des terrasses où pousse la vigne sont aménagées. Sur le versant exposé au midi (adret) s’accrochent des cépages qui produisent le « négret » ou encore le « morastel » qui résiste bien à la gelée et donne un produit de coloration noire et de goût aigre. A la tonte comme à la moisson ou à la saignée du cochon le propriétaire offre un repas au cours duquel on boit ce vin seul ou mélangé avec la soupe d’orge (l’uridat).

De cette lutte avec la terre, l’autochtone arrive à obtenir le minimum nécessaire à sa subsistance. Les excédents sont rares. Peut-être est-ce pour cela que l’on n’enregistre en 1846 la présence d’aucun commerce relatif à l’alimentation.

Pour cette même année, on recense dans le canton 5 tailleurs d’habits, 6 couturiers, 3 fleuristes, 11 tisserands dont 6 à Lanuéjols, 6 cordonniers et sabotiers.

Les instruments rudimentaires qu’emploient les agriculteurs nécessitent des réparations fréquentes et des remplacements constants. Ceci explique la présence de 16 menuisiers ou « menuziés » comme il est écrit dans le dénombrement, 5 charrons et 12 forgerons.

Pour s’occuper du cheptel à sabot 6 maréchaux-ferrants sont constamment mobilisés.

L’artisanat du bois compte dans ses rangs « un bastié ». Ce fabricant de bastes (récipients de bois utilisés pour le transport des vendanges) est domicilié à Dourbies. On exploitait le châtaignier pour la fabrication des tonneaux à Saint Jean de Bruel.

L’artisanat occupait alors dans le canton la seconde place avec un total de 86 personnes représentant 10.5% de la population active.

Le bâtiment emploie 16 maçons. Ce corps de métiers a comme annexe la présence de fours à chaux. Cinq fourniers vivent en 1846 dans les communes au sol calcaire de Causse-Bégon et Lanuéjols favorisées par la proximité du bois nécessaire à la calcination. A Lanuéjols, outre le four de « la matte de Roussel » (vers le canal) il en existe un autre à Aiguebonne sur la route qui conduit de Montjardin à la Mouline. Un troisième est situé à proximité du chemin qui rejoint les Mazes à Lanuéjols. Ces fours procuraient la chaux indispensable aux constructions. Les fours étaient du genre « ramier » c’est-à-dire qu’ils étaient chauffés à l’aide de ramures et de branches. On creusait le sol pour obtenir une excavation en forme de cuvette qui jouait le rôle de foyer. Une fois taillées, les pierres à chaux étaient placées au dessus. Construire la voûte était une opération difficile qui demandait beaucoup de sois car si la cuisson s’effondrait, le four était irrémédiablement perdu. La combustion durait généralement plusieurs jours. Cette industrie locale a connu sa fin durant la période de l’entre deux guerres.

     

Les années noires: Comme chaque village, les guerres ont laissés des souvenirs, des images indélébiles. La situation géographique de Lanuéjols favorisa des situations particulières
Pendant la période de 1939/1945, l’ouverture de la mine de Pradines de la société Schappe, usine de textile au Vigan, donna un autre visage au village. Elle  employait entre autre une vingtaine de jeunes ouvriers du village sur le point de partir en STO et qui ont été réquisitionnés. Leur habitat était derrière l’église. Une chanson avait même été éditée               «  les joyeux mineurs ». La mine a été fermée le 31 mai 1948.

Suite à la défaite de nos armées en 1940, de nombreux soldats de la commune se retrouvent prisonniers dans les stalags allemands. La jeunesse du village sous la houlette de Léon Veyrier et d’Irène Libourel, des séances récréatives sont organisée. La collecte permet d’acheter des produits et envoyer des colis aux prisonniers.

L’armée étant dissoute, le gouvernement avait institué les chantiers de jeunesse. Une garnison s’est installée à Villemagne dans les baraques du village « nègre et rouge » de l’ancienne mine. Le dimanche, nombreux jeunes venaient au village acheter des victuailles et s’amuser. Certains ont même trouvé « l’âme sœur ».

En 1942, des troupes allemandes envahissent le sud de la France. Lanuéjols a eu droit à son occupation. Un camion radio se positionna dans la cour de l’école, les soldats ont squatté l’école des garçons. Ils avaient établi un poste d’observation au Moulin à Vent, actuels locaux de l’entreprise Germain sur la route de Meyrueis, qui comportaient une guitoune et des grosses lunettes d’observation pour scruter le ciel et les accès du Causse. Puis ce fut sur le Devois qu’ils édifièrent leur centre d’observation et ils logeaient à Montjardin. Aucun incident ne fut à déplorer. En début de l‘année 1944, ils quittèrent le village.

 

En 1944, des jeûnes du chantier ont rejoint le maquis. De Lanuéjols, une délégation de notre jeunesse a pris le maquis à l’Espérou et ont participé à la libération du Vigan et au harcèlement des troupes allemandes qui rejoignait la vallée du Rhône.

 

La vie agricole : De tout temps, la vie agricole a été prédominante dans le village de part sa production de lait de brebis destiné à la fabrication du Roquefort mais aussi
La vie agricole a été prédominante. Elle permettait aux familles de se nourrir : le lait des chèvres et des brebis pour le fromage, la culture du blé pour la farine et les cochons.

On pouvait moudre 1000kg de blé pour obtenir 70 ou 75% de farine et 25 à 30% pour l’alimentation des cochons.

Le moulin communal était à Randavels, il était tenu par Pierre Pascal dit « Pierrette », il avait aussi une scie circulaire pour débiter les planches qui étaient nécessaires pour effectuer différents travaux dans les maisons.

50 agriculteurs vivaient avec des troupeaux de 25 à 50 brebis. Un berger communal regroupait chaque jour les bêtes et les ramenait chaque soir aux propriétaires.

Une laiterie était sur la place où l’on faisait des fromages qui étaient ramassés et transportés à Roquefort mais pratiquement chaque ferme avait aussi sa laiterie (Licide, Espinassous…..).

Les vaches aussi étaient présentes pour la production de lait.

Maintenant, les petits troupeaux ont disparu et sont remplacés par des cheptels de 200 à 1000 brebis. Les machines ont remplacés les petites mains, on parle d’ » entreprise agricole », de « GAEC ». Les champs s’étendent sur des grandes superficies. La vie agricole reste malgré cela une des activités principales de la commune. Elle maintient des familles localement et contribue au développement économique du village.

    

L'histoire de l'Armorial du Blason de la Commune de Lanuéjols
La parole de nos aînés : Autour d’un goûter, nos aînés, de la résidence foyer les Ormeaux, racontent avec plaisir leurs souvenirs
« Il y avait au moins 9 fermes.

 

Au couvent, trois religieuses occupaient les fonctions d’infirmière, secrétaire et cuisinière. L’infirmière servait tout le village Les filles étaient pensionnaires après  la récolte de pommes de terre et on revenaient à noël.

 On venait avec la jardinière porter le lait aux « Dames Vernet » la laiterie du village.

Trois épiceries étaient ouvertes dans le village et la Boulangerie Compan faisait la tournée des hameaux et des fermes, les gros pains et les miches faisaient le régal des habitants.

 

On marchait beaucoup, pour aller à l’école à la messe, au travail…..De Montjardin à Meyrueis 3 à 4heures de marche quotidienne étaient dans nos habitudes et cela ne nous portait pas peine.

Il y avait des écoles à Montjardin, Lanuéjols, La Mouline, La Pénarie….et pas de ramassage scolaire… Il fallait parfois une heure de marche pour rejoindre l’école. Il y avait une école pour les garçons et une pour les filles. Le matin, en hiver, on apportait le bois pour le poêle de la classe. On se souvient de quelques noms :Mr Bernardon pour les garçons, Mme Libourel pour les filles et pour les tous petits Mme Chambon. Jusque dans les années 1950, peu d’élèves vont rejoindre le collège, ils clôturaient leur scolarité par le Certificat d’Etudes et rentraient dans la vie active.

 

Jean le facteur faisait sa tournée en vélo…. il allait chercher le courrier, les mandats et les colis à Trèves et faisait le tour des hameaux et des fermes pour les distribuer. On lui offrait  beaucoup de café lors de la tournée. S’il y avait de la neige, il passait le jour et devait faire le double de travail le lendemain. Aussi, un jour, il s’est offert une mobylette car cela devenait fatigant.

 

On participait à toutes les fêtes :

 Le 18 mai, la fête des classards sur la place du village et au pré Countal la foire aux bœufs et aux cochons, le lait de la laiterie Védrines était vendu.

Le 15 août, l’hommage à Marie avec la messe à la Vierge et la procession ; les bœufs, les chevaux étaient présentés à la vierge pour être bénis, les enfants étaient vêtus de blanc ; l’apéritif était offert aux habitants du village.

Avant Pâques, Monsieur le Curé venait dans les fermes pour bénir les troupeaux, il restait mangé avec les agriculteurs. Parfois les moutons étaient en pâture, alors il bénissait les animaux de la ferme présents, les cochons……

Le 19 septembre, les gens de la ferme venaient vendre leurs animaux. On faisait la « raspa » et on dansait sur la musique de l’accordéoniste du village.

A Noël, la messe de minuit avait lieu en l’église de Lanuéjols et était encore une occasion de se retrouver.

Plusieurs lotos étaient organisés et il y avait des chanteurs.

Et tout au long de l’année, si les filles voulaient sortir le dimanche, il fallait aller chez

«  Monteil » pour danser et ce jusqu’à 19h, après la porte était fermée…..

 

Adieu aux Ormes G.Valat, Paru dans le bulletin municipal de juillet 1989

Depuis quelques années les ormes sont malades

Et l’homme ne pouvant stopper la contagion,

Ces arbres condamnés périssent par légions

Et c’est pourquoi je leur dédie cette « ballade ».

Naguère vous orniez nos campagnes et nos bourgs,

Ormes de Normandie, de l’Ardèche ou du Centre ;

A l’automne, à présent, le bûcheron vous rentre

Pour servir d’aliments aux flammes de nos fours.

Ormes du Causse Noir, témoins de mon enfance,

Vous que j’escaladais, vous que nous émondions,

Vous dont les feuilles, en août regorgeaient d’espérance,

Il va falloir sous peu que nous vous refendions.

Car vous aussi, atteints par ce mal incurable

Qui a de votre sang obstrué les vaisseaux,

Vous mourez doucement car l’homme est incapable

De trouver un remède efficace à vos maux.

Qu’il est triste de voir, en plein mois de juillet,

Vos branches dénudées comme au mois de décembre,

Et la peau de vos troncs partout se fendiller

Comme les murs crasseux d’une très vieille chambre.

Et quand, dans la région, les dents des tronçonneuses

Auront éliminé vos squelettes piteux,

Et qu’il ne restera de vos périodes heureuses

Que des souches pourries à l’air calamiteux,

Nul ne se souviendra du temps ou vos ombrages

Permettaient d’échapper à l’ardeur du soleil,

Tandis que maints oiseaux trouvaient dans vos feuillages

Un refuge au confort à nul autre pareil.

Car l’homme oublie souvent, c’est écrit dans l’histoire,

Ceux qui gratuitement l’ont aidé ou nourri.

Il suppute déjà reporter votre gloire

Sur votre immunisé cousin de Sibérie

En chemin, extrait de « la ballade des RETOURS » Marcel Carel Paru dans le bulletin municipal de 1990
   

Lorsque les « Citadins »suivent les transhumances,

Rejetant les tracas dont ils sont saturés,

Ils oublient les projets qui seront raturés,

Les heures de trajet, les fausses espérances.

Comme ces « vacanciers » au visage trop pâle,

Je revenais vers vous « serres » abandonnés,

En cédant au plaisir de belles randonnées

Que m’accordait le temps de la pause estivale.

Le sommet du « Devois » ( le Devezféodal

Où tant de nos anciens trimèrent durement !…)

Etait boulversé par le reboisement,

Aux sillons mal fermés, qu’on devinait brutal.

Mais le panorama qui s’offrait à mes yeux

Me faisait oublier toutes les plaies ouvertes

D’autant que le « Redon », avec sa cape verte

Dominant « Montjardin », restait majestueux.

 

Au sud : du « Trévezel » chemine la vallée

Qui, si la gorge serrée franchit le « Pas de l’âne »

Tandis que le « Suquet », la mine courtisane

Surveille « Comeiras » au bord du défilé.

Le « Causse », vers l’ouest, répartit ses plateaux

Ses vallons et ses buis; des « clapas » éboulés,

Des roches, des murets à demi écroulés

En «  Glacis » mutilés défendent ses châteaux

Dans un voile bleuté : les tours de « Roquesalte »,

Des « serres » presque noirs de nos pins rabougris,

Les arbres isolés, des fermes aux toits gris

Sont prêts au bon accueil d’une prochaine halte !

Mais je sais qu’à mes pieds se blottit «  Lanuéjols » ;

Des damiers de couleurs aux bords inachevés

Accrochent aux « travers » quelques champs cultivés

Et marquent les orées de nos bois « cévenols »…………..

Mon village, Marie Vellas, Sur l’air de « J’irais revoir ma Normandie » Paru dans le bulletin municipal 2003/2005

Il est un modeste Village

Loin du fracas de nos cités

Qui nous rappelle du jeune âge

Les champêtres félicités

C’est Lanuéjols en pleine France

Tout souriant dans les hauteurs

Et je tressaille d’Espérance

Lorsque je rêve à ses charmes vainqueurs.

Lanuéjols, c’est la nature

Dans toute sa rude splendeur

Jamais il n’eut d’autre parure

Que de la main du créateur

Pendant l’été chaleurs et brises

Pendant l’hiver froids et glaciers

Mais on résiste aux feux, aux brises

Fermes et forts comme les vieux rochers.

Quand le printemps verdit les mousses

Que j’aime à voir de gais lurons

Garder en paix les brebis rousses

Sur le Devois dans les vallons

Car Lanuéjols c’est la montagne

Immense et calme sous l’azur

S’il n’est un pays de cocagne

Du moins il a du bon lait, de l’air pur.

Chers habitants de ces campagnes

Ah, soyez fiers d’un tel pays

Ne désertez pas vos montagnes

Pour aller vous perdre en Paris

Gardez vos âmes bien fidèles

A votre église, à votre Dieu

Elles seront ainsi plus belles

Que tous vos champs, vos bois, votre ciel bleu

Hommage au Docteur Phou Souk-Aloun

” J’ai connu d’abord Phou Souk-Aloun au Samu de Béziers où il était interne, et où je fis un stade. J’en ai un souvenir marquant. Il excellait sur place, en intervention, parfois accoutré d’un chapeau extravaguant; le rete du temps il passait de longs moments dans sa chambre à gratter sa guitare au son des accords de Bob Dylan.

Je l’ai rencontré ensuite en ville de Montpellier et lui ai demandé ce qu’il faisait; il me répondit qu’il était devenu homéopahte et je fus ravi de lui annoncer que moi aussi j’avais fais ce choix.

Je suis allé lui rendre visite à Lanuéjols, dans son antre, une sorte de petit château où il vivait en famille et recevait ses patients dans sa cuisine, un lieu hors du temps et des convenances habituelles.

….”

Docteur Bernard LONG, Homéopathe 

       

Venez découvrir une partie de vie racontée par ses proches, du Docteur Phou Souk-Aloun, Docteur spécialisé en homéopathie, qui s’installe en mars 1978 sur Lanuéjols, comme médecin de campagne. Il y exerce son métier pendant 10 ans, soignant les gens et les bêtes avec toujours le même dévouement. C’est d’ailleurs durant ces années, qu’il s’initie à l’homéopathie et l’acupuncture…

Vous pourrez découvrir le document retraçant sa vie, ses recherches et son travail, dans sa globalité à la Bibliothèque de Lanuéjols.

 

Bibliographie

Pour réaliser cet écrit, nous avons utilisé :

  • Des articles des bulletins municipaux de Lanuéjols rédigés par Serge Védrines, Jean Tessier, Marcel Carel, Yves Vernhet.
  • Jongenburger,E.,Milleville,J. (2002) Une année sur le causse. Etudes et Communications, Esparon 30120.
  • http://centre-documentation.cevennes-parcnational.net/index.php?lvl=author_see&id=497;
    Centre de documentation et d’archives du parc national des cévennes :
    Goiffon,E.Abbé. (1900) Monographies paroissiales. Paroisses de l’archiprêtré du Vigan. Lafare-Ducros Nîmes 30000, 437p
  •  http://cths.fr/dico-topo/dictionnaires/cartes.php?cdep=30:
    Dictionnaire Topographique du département du Gard
  • Des photographies réalisées par Leïla Chapuis
  • Des témoignages d’habitants qui ont une histoire avec Lanuéjols
  • TEISSIER. J (2013) Paysan sur le Causse Noir: Jean, éleveur militant à Lanuéjols. Causses Méridionnaux, Collection A travers champs.
  • Cahiers du Groupement “HAHNEMANNIEN” du Docteur P. Schmidt, N°3 2018, Cinquante-cinquième série